nouvelle édition - février 2012
ALADINSANE
Le Bon Grain de l'Ivraie
Parce que la "folie" parfois, peut produire une certaine "expérience"
dont il peut être utile de distinguer les qualités des défauts…
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CRITÈRES
Certains parcours de vie extrêmes peuvent expérimenter à un moment donné ce qu'on nomme des "délires psychotiques", et à un autre moment, un état de "pleine santé fondamentale". La conjugaison des deux peut bien dérouter les professionnels en charge de ces cas, et nombre d'entre nous tous aussi qui pouvons peiner à considérer la présence de cette double possibilité chez un individu unique.
Mais qu'on l'accepte ou non, ceci est possible ; cela existe. Indépendamment de notre entendement limité, quelque chose peut avoir percé ici, de l'ordre de l'illimité.
Il est aisé de comprendre que cette dimension soit forcément mal connue du monde quand elle n'en est pas volontairement ignorée. Pour cause : elle a trait à l'esprit, soit à un autre plan de réalité que celui qu'on considère habituellement : au Fond plus qu'à la Forme, à l'essence gardienne d'un sens supposé véritable ou souverain, plus qu'aux apparences relatives qu'on sait trompeuses sitôt qu'on y limite notre entendement de la réalité.
Mais c'est pourtant bien ce qu'on fait tous plus ou moins seulement. A l'instar de tous les contraires apparents qu'on considère d'abord s'opposer avant d'en mieux réaliser ou comprendre la complémentarité, ces deux parties (d'une même ou plus "entière réalité"), en nous et hors de nous, ont elles aussi une fâcheuse tendance à s'opposer jusqu'à s'exclure mutuellement.
Il s'en suit donc que le pouvoir potentiellement curatif de cette expérience souffre d'un déni du "sacré" pourrait-on dire, par le monde alors qualifiable de "profane".
Ici aussi, qu'on le veuille ou non, penser avoir compris ceci ne garantit pas que tel soit bien le cas, avant le temps d'une plus ample intégration manquant encore. Mais que cela ne nous décourage pas d'y travailler !
Certains des professionnels auxquels ces cas sont adressés avancent dans le sens d'une reconnaissance de cette "expérience" et des possibilités de guérison qu'elle peut offrir... Mais ils reconnaissent eux-mêmes que certains détails leur échappent encore à ce jour.
Etant personnellement enraciné dans cette problématique spécifique, j'ai la prétention sûrement mais l'espoir aussi, de pouvoir apporter quelques éclaircissements. Car l'expérience en question m'a incité depuis treize années maintenant, à emboîter le pas de la branche ou de l'aspect disons "formel" de la spiritualité, auquel il ne semble pas insensé d'opposer la folie comme voie informelle quand elle est non religieuse et qu'elle dénie tant d'autres aspects de la Forme en général, avant de les voir se compléter.
Ressentant et répondant à l'appel d'un écho évident entre le but recherché par la spiritualité, et la trace laissée par cette expérience passée, j'ai donc adjoint un réengagement au sein d'une tradition plus formellement religieuse à mon précédent engagement en folie, pas tout à fait égal au stade de son résultat, à en religion...
Parallèlement, je ne cesse d'écrire sur ce sujet depuis vingt années, ce qui ne cesse d'en affiner ma compréhension jusqu'à ce jour. Certains de ces textes sont visibles sur les liens présentés en dernière page.
Dans celui-ci, je souhaite me cantonner le plus possible à signaler les critères que je crois devoir être pris en compte pour évaluer avec justesse les cas pouvant bénéficier d'un soutien différent des autres, parce qu'ils peuvent évoluer vers plus ample guérison de leur mal s'ils bénéficient d'une aide adéquate.
Avant d’entrer plus avant dans le vif du sujet à la manière dont j’ai dit vouloir le faire (qui ne devrait occuper que bien moins d’espace dans ce document que toute cette première partie), il m’apparaît important de dire que les difficultés que le monde rencontre à aider ces personnes comme elles devraient pouvoir l’être, sont à l’image d’une véritable damnation s'abattant sur elles, en conséquence directe de ce à quoi elles se sont exposées en s’y précipitant elles-mêmes. Qu’il participe autrement dit directement de la problématique d’opposition qui fait le lit de leur folie (et la justifie partiellement), qu’elles ne puissent trouver l’aide dont elles ont besoin "dans le monde". Aussi intolérable que cela puise paraître à un regard extérieur, cet empêchement peut être dans l’ordre des choses…Certaines destinées devoir mieux s’intégrer dans le cadre spirituel que mondain. Mais cette damnation peut être levée ; le monde peut se révéler plus conciliant à l’égard de cette "pleine santé fondamentale" qu’il n’y a nul besoin d’avoir éprouvée si fortement pour consacrer les efforts nécessaires à l’aide d’autrui. Les contraires n’en ont que l’apparence, leur complémentarité peut bien être amenée à l’emporter !
*
Les critères permettant de mieux distinguer ces cas de ceux dont la problématique ne pourra bénéficier que d’une aide beaucoup plus limitée, semblent reposer sur une différence recouvrant toute son importance dans le cadre spirituel : sur la distinction de valeur reconnaissable dans l’intimité d’un tel cheminement, entre une expérience donnant un simple aperçu du but de la spiritualité, et une authentique réalisation ayant elle seule valeur de "première marche sur l’escalier spirituel".
[développé plus loin]
A partir de cette condition, soit si l’expérience produite par cette folie a réellement valeur de réalisation, alors ces personnes :
- n’auront cesse de vouloir témoigner de ceci qu’elles auront à cœur de partager avec tous (…) ;
- toute évocation du but spirituel diversement nommé dans les ouvrages spiritualistes selon chaque religion, ne manquera pas de faire vibrer en elles la corde du souvenir vivace de cette expérience ;
- et seront animées d’une forme peu commune d’intelligence.
PLÉBISCITE
Quelque problème qui puisse nous assaillir, n’a-t-il pas une plus grande cause en soi-même qu’au dehors ?!... Ce postulat est propre à la spiritualité, et bon nombre d’entre nous le partageons après réflexion.
Il ne nie pour autant pas l’existence de problèmes au dehors, mais la sagesse en regarde la cause intérieure parce qu’elle s’offre à mieux pouvoir être travaillée…
Et le fait est, en y regardant bien, que quantité si ce ne sont même tous les problèmes apparaissant dans le monde, ont une cause identifiable en nous-mêmes :
L’égoïsme est cette cause, auquel on se croit légitimes d’ouvrir une porte raisonnable pour survivre dans le monde actuel. Mais qu’en est-il exactement, quelle "juste part", raisonnable ?
Je me souviens qu’adolescent, comme de nombreux autres je le suppose, un idéal préexistait dans l’esprit, que rien ne semblait séparer du monde.
Cet idéal (comme si c’était hier) n’avait que faire de "survivre", il tendait tout entier à la grande vie ; et proscrivait ni plus ni moins, toute forme d’égoïsme qu’il reconnaissait contraire à son élan.
A sa base, une confiance certes naïve (cela se révéla plus tard) mais noble aussi en l’intelligence présupposée de l’Homme ; en son accord tacite et universel pour souscrire aux nécessités d’un bienfait supérieur, garant d’une participation escomptée de tous au bonheur général (insurpassable dessein) :
L’amour, sans en dire trop le nom qui ne l’exigeait pas, s’entendait comme vérité dont il était acquis qu’on partageait tous la même évidente connaissance.
Un même intérêt reconnu général pour l’extrême rentabilité de l’équation suivante, s’il avait mieux valu la dire :
Qu’à l’effort minimum de ce qu’il pourrait être convenu d’appeler l’amour du prochain de la part de chacun, il suffisait de satisfaire pour que tous jouissent du bénéfice maximum d’amour universel en découlant.
Alors bien sûr, la « réalité » s’oppose, plus réaliste qu’idéale…
Mais cette prédisposition là, aussi naïve puisse-t-elle sembler au monde, est emprunte de cette Noblesse et de cette infinitude là à la source même de toute spiritualité. C'est la violence originelle et assez universelle je le crains, à laquelle on est tous acculés de répondre par une dynamique de survie défensive à laquelle la spiritualité au second temps, se révèle seule capable d'opposer les moyens de mise pour en ramener notre trop grande aptitude à plus juste dimension.
Toujours est-il que l’égoïsme… EST la cause de tous les maux, surtout tant qu’on ne daigne pas le considérer pour ce qu’il y a de « naturel » en nous, d’avoir développé ça dans ce monde…
Et que ceci quoi qu’on en pense, gît en chacun de nous. Dans ce lieu là précisément, où on a tous bien plus grande marge de manœuvre qu’au dehors, qui s’en trouve n’être que l’expression.
L’égoïsme ou l’opposition reine qui régente tant de nos rapports aux autres, sitôt que chacun est mis en demeure de tirer son épingle du jeu.
C’est dans l’inconscient, qu’on aime à garder silencieux par crainte de mieux regarder tout ce qu’on a tant de mal à aimer en nous-mêmes, que tout se trame. Et c’est parce qu’on rechigne autant à y aller voir que cela perdure et s’envenime, du fait de toute l’énergie vainement déployée pour n’en rien laisser transparaître au risque de se tromper soi-même d’abord.
Le monde est grand, il nous semble gigantesque. Mais il n’est que de taille pourtant limitée. C’est en nous-mêmes qu’un tout, un infini, est source de toute vie en nous.
Œuvrer au dehors peut être utile et nécessaire. Mais toutes les énergies rassemblées dans ce sens ne pourront qu’améliorer un petit peu les choses, de façon toujours limitée.
L’entreprise intérieure elle, produit assurément de bien plus vastes effets directs sur le monde car rien en réalité n’est jamais séparé, intérieur et extérieur pas davantage…
Il peut valoir la peine d’y réfléchir…
LE CHEMIN DES EXCÈS
Le lien entre folie et spiritualité est fuyant mais non moins évident. Tellement de points pour l'indiquer mais de différences aussi... Une spiritualité imparfaite pour cause d'incomplétude, dont il peut être utile d'habiter au plus près du sujet pour en circonscrire la réalité. C'est ce qui est proposé dans ces pages où, du plus profond de cette intériorité encombrée mais fort de sa richesse aussi, j'expose ces conclusions issues de vingt années d'enquête existentielle nécessaires pour dévoiler toute la subtilité de cette spiritualité qu’à demie.
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Certains parcours de vie extrémistes, psychotiques, sont connus pour produire une expérience de transcendance (ou d’unité). Cette expérience constitue le pont entre folie et spiritualité.
Le type de folie pouvant conduire à ce fruit est à considérer comme l’aspect informel de la spiritualité ; une spiritualité non religieuse, qui se révèle aussi négatrice de bien d’autres aspects d'une réalité dite relative quand elle n'est régentée que par les seules apparences ; soit de la Forme, par opposition au Fond qui concerne lui (ou englobe) l’essence inaltérable de toute chose, gardienne d’un sens supposé véritable.
L’expérience qui en découle peut s’avérer précieuse dans le cadre d’un réengagement encore nécessaire à partir de ce premier fruit, au sein d'une tradition spirituelle plus formellement religieuse. Car entre autres raisons, celle-ci offre de pouvoir compenser en la complétant, l’informalité de ce premier engagement en-folie, pas tout à fait égal à ce stade à
en-religion.
Le déni qu'opère cette folie de l’aspect formel de la réalité confine à l'unilatéralité de cette voie en ce sens qu’il l'ampute par définition de ceci qui englobe bien davantage que sa non religiosité. La voie religieuse n'invite nullement quant à elle à se départir du Fond. Sa formalité s’impose comme complément du premier manquement, et sa "bilatéralité" pourrait-on dire, assure sa qualité de remède dépassant le cadre duel d’un extrême ou de l’autre.
Face aux limitations de la première, la seconde s’impose seule garante des perspectives de progression dûment illimitées pour parfaire ce qui l’exige encore à ce premier stade.
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La qualité qui peut seoir à cette expérience se voit contaminée quand elle tire son origine de la folie par la mal utilisation que les personnes concernées sont forcées d’en faire : par leur tentante récupération de ceci à leur seul profit personnel et identitaire d’un ego toujours assoiffé de reconnaissance. Cette mal utilisation constitue un travers auquel nombre d'entre nous cédons d'autre façon seulement, chacun jouant de ses propres points forts pour s'affirmer indépendamment des souffrances occasionnées alentours, quand le monde peine à reconnaître l’humaine valeur de ce qu’on est, souvent éclipsée par ce qu’on fait…
Il s'en suivra que nul statut social n'y pourvoyant ici, il est assez naturel que bien que n’en ayant pas la maturité requise, ceux qui bénéficient d’un tel renforcement de leur esprit du fait de leur folie demeurent eux aussi assujettis à ce besoin auquel ils suppléent par leur propre point fort, dont tel n'est nullement l'intérêt véritable.
L'"expérience de transcendance" n’a aucune vocation en réalité, à s’attirer la reconnaissance d’une valeur dans ou par le monde. Son unique intérêt procède du chemin restant encore à parcourir ici, où elle peut effectivement constituer alors une précieuse qualité.
Chercher à en défendre et établir l'exacte valeur malgré son ignorance par le monde, comporte tous les risques de l’amputer de cette qualité au profit d’un bien plus grand défaut ; dont l'existence même de ce texte trahit encore , cette persistance chez moi.
* * *
La nature ou la dimension spirituelle de cette folie comme voie est identifiable :
- à partir de son fruit, soit de cette expérience elle-même ;
- et de sa base aussi, soit de la double quête d’Absolu et de Vérité qui y préside dès l’origine :
- "Absolu" concernant le bonheur qu’on recherche tous plus ou moins véhémentement seulement ;
- et "Vérité" comme adéquat moyen d’y accéder, dont la nécessité d'une certitude à son endroit justifiera d'en passer par chacun des extrêmes...
(Ces deux points sont développés dans "Absolu & Vérité")
Bien qu’elle reste suffisamment lourde de conséquences négatives pour n'en considérer que l'horreur, tous ces indices connus de ceux qui en sont directement concernés forment avec une telle évidence une qualité à l’endroit de leur folie, qu’il ne leur sera pas loisible avant longtemps au moins, de s'en laisser déconsidérer sans grossir au delà de sa valeur véritable la qualité en devenir seulement de ce qui n'en a que la dimension à ce stade. Leur attachement à cette demie qualité risquera fortement alors de ne la faire devenir ou rester durablement qu'un défaut.
Mais au stade de la réflexion présentée ici, soit après treize années de recheminement dans la voie du Bouddhisme dit tibétain, et dix de plus qui me séparent de cette "expérience" trop fameuse, j’en cerne mieux je crois l’exacte réalité.
C’est sûrement "jouer avec le feu" encore, mais il me semble mieux pouvoir en dire aujourd’hui la "qualité en stricte essence seulement", à côté de tout ce qu’elle reste de nocif en attendant…
L’un et l’autre comme dans toutes choses absolument, ne sauraient être tenus pour séparés : soit l’immense obstacle qu’elle constitue autant si ce n’est plus, que l’aide qu’elle apporte aussi pour parachever ce qui l’exige encore tellement ici.
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Une autre raison d’appliquer le réengagement précité à ces cas spécifiques, est l'aide que constitue cette expérience, à sa nature ou à sa "qualité" en devenir surtout, de première marche sur l'escalier spirituel. Du moins et c’est là le point clef de cette possibilité, si ceci qui est appelé "expérience" en vertu de sa durée limitée dans le temps, consiste davantage en réalité en une authentique "réalisation spirituelle".
La différence entre une réalisation et une simple expérience tient au fait que la première extrait l'esprit prenant toute la place de l’être alors, de la temporalité liée au monde, avant de ne l'y voir ramené qu'à ce qui marque son terme. Elle seule marque ainsi de son indéfectible emprunte, un tournant décisif et définitif dans l'esprit et la vie de celui qui l'a éprouvée ; sans commune mesure avec le seul souvenir que laisse une expérience. Elle distille un avant goût du but même de toute spiritualité authentique, qui ne laisse d'autre choix que d'y revenir à travers le dit réengagement ; quand le potentiel qu’elle contient peut être ainsi optimisé à la hauteur de l’aide que constitue cette première expérience-réalisation sur le "rechemin" :
- un
éclairage intérieur sans erreur, à même de guider ensuite vers la pleine actualisation de ceci qui ne fut éprouvé qu'un temps ici ;
- une
connaissance réputée certaine de ce but, qui délivre du moindre doute à son sujet ;
- ou autre
sagesse discriminante rendant apte à distinguer en toute chose ensuite, entre l'essence et l'apparence, entre l'ultime et le relatif, soit entre le Fond et la Forme.
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Mais quelque avantage qu'elle puisse ainsi constituer sur la voie restant encore à parcourir en vue d'optimiser le potentiel ici contenu, de quelque avancée qu'il puisse s'agir ici quand ceux qui ont pu éprouvé cela par eux-mêmes sont réputés pouvoir actualiser la plénitude de ce fruit en moins de temps qu'il n'en faut aux autres types de cheminant (plus "classiques" de par leur moindre excessivité), de plus prégnants obstacles le leur interdisent ou en empêchent l'avènement avant longtemps au moins ; qu'il leur faudra encore dépasser pour ce faire.
Ce point là précisément redéfinit une égalité de fond entre tous, en vertu des avantages ou qualités et des faiblesses ou défauts de chacun, qui confinent à la nullité d'aucune "supériorité" des uns, qu'il peut pourtant être tenté de surimposer au sentiment inverse d'une "infériorité" toute aussi illusoire en réalité.
L'Egalité est le remède par excellence à appliquer à ces cas qui, outre le diagnostic psychotique pouvant être apposé à leurs symptômes, sont intérieurement ou spirituellement le jouet d'un orgueil démesuré, traitable de cette manière. Après avoir reconnu la plus grande réalité de cette égalité que la seule dualité "inférieur-supérieur" dans laquelle on est enfermé autrement, après en avoir eu une certaine connaissance, il conviendra encore de mieux l'intégrer pleinement, au plus profond de soi.
*
Il ressort de cette analyse de vingt années qu'il semble objectivement bien y avoir ici, quelque chose de cet ordre là : dans cette expérience quelle qu'en ait été la voie, une certaine dimension spirituelle offrant l'opportunité d'une qualité en devenir.
Mais tout dépendant de ce qui en sera fait alors, rien de tel n'apparaît établissable en définitive, autrement que subjectivement (d'autre façon que subjective).
Ce qui laisse penser en dernier ressort, qu'au modèle de cette non subjectivité, toute chose exactement est adaptable absolument. A méditer...
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Plusieurs articles traitant des possibilités de mieux pouvoir venir en aide aux personnes touchées par le type de désordre dépeint ici sur la base de ce qui fait leur richesse aussi, laisse transparaître une difficulté à distinguer les cas concernés, plus enclins à bénéficier d'un réel soutien à orientation curative, des autres. Plus large part devra être donnée à une profonde appréciation du fait au sein même du recheminement nécessaire à cela, mais il apparaît déjà possible de stipuler que ces personnes sont reconnaissables à travers divers signes, au nombre desquels :
- qu'elles n'ont cesse de témoigner d'une telle "expérience" passée, qualifiable de "spirituelle" de par son caractère réunificateur et guérissant de tous les maux passés ;
- que tout énoncé du but spirituel différemment nommé selon les traditions, ne manquera pas de faire vibrer en elles le souvenir jamais éteint de cette même expérience ;
- et enfin qu'une forme peu commune d'intelligence les caractérise à l'évidence.
*
Il aurait fait obstacle à la recevabilité de ce travail que son auteur soit toujours mû pour l’accomplir, par l’opposition d’avec l’"ordre établi" qui fit le lit de cette folie en son temps.
C’est bonne partie ou tout le sens du réengagement nécessaire que de parvenir à réorienter cette intention en soi, légitimante alors.
Et c’est aussi parce que je connais l’extrême difficulté de mon sujet, y étant impliqué moi-même avec le même besoin qu’une graine de devenir fleur, qu'il a fallu m'armer en guise de rigueur scientifique dont je manque professionnellement, d'une constante exigence de vérité m’animant tout du long du recheminement auquel ce défrichement participe pleinement.
Rien ne m’a autant importé durant toutes ces années, que de conduire cette réflexion à son terme car, je le rappelle, elle me concerne personnellement d’abord. Mais c’est bien aussi parce qu'elle a le pouvoir d'en éclairer d'autres, je la sais depuis le début, que ce travail m’est devenu aussi important. Puissent ces éclaircissements être pris en compte à leur juste valeur.
AU PALAIS DE LA CONNAISSANCE
Mon entêtement à présenter ce qui suit trahit ma faible compréhension du sujet. Bien plus d'énergie a été employée au dévoilement de l'exacte part de spiritualité présente dans la folie qui m'anime (et donc dans d'autres aussi), qu'il n'ait de réel intérêt à en espérer. Mais ne contenant toujours pas cet élan en moi, voici ce que je me crois devoir en partager aujourd'hui, qu'il pourrait sans doute mieux valoir taire...
Car l'"expérience de transcendance" qui m'y incite n’a aucune vocation en réalité, à s’attirer la reconnaissance d’une valeur dans ou par le monde. Son unique intérêt procède du seul cadre de la spiritualité, soit du chemin restant encore à parcourir ici, où elle peut effectivement constituer alors une précieuse qualité.
Chercher à en défendre et établir l'exacte valeur comme je le fais ici, malgré son ignorance par le monde, comporte tous les risques de l’amputer de cette qualité, au profit d’un bien plus grand défaut ; dont l'existence même de ce texte trahit encore la persistance chez son auteur.
Le sujet en quelques grandes lignes :
- Expérience et réalisation spirituelles ;
- Revendication prématurée d'une "qualité" à l'endroit d'une simple "dimension" ;
- Égalité d'avec tous autour d'un même potentiel identiquement présent en chacun, seulement différenciable par
la forme que prennent les qualités et défauts ou les avantages et obstacles de chacun ;
- Cette égalité offre de pouvoir sortir de la dualité dans laquelle ces parcours de vie enferment :
- Nulle supériorité dont suppléer à aucune autre infériorité en réalité.
*
La Spiritualité ne saurait se limiter aux religions, qui n'en sont que la forme plurielle et imparfaite ou relative. Mais la religion comme expression formelle de la spiritualité qui en constitue le fondement ou l'essence gardienne du sens inaltérable, y a ceci de supérieur et de compensatoire alors qu'elle ne dispense pas d'y associer l'aspect informel lié au Fond ; ce dont une "spiritualité" sans religion ampute quant à elle, en ne confinant qu'aux limites liées à l'unilatéralité d'une telle voie, forcément imparfaite quand elle s'articule en opposition à
la Forme...
La Spiritualité est le socle commun de toutes les traditions religieuses. Elle consiste en un chemin intérieur visant à relier deux dimensions apparemment séparées de l'esprit. Dans tous les cas de figure, soient dans toutes les branches mystiques ou ésotériques des dites religions (là où se trouve la "vraie religion", intérieure), une simple "expérience" n'a pas la même valeur qu'une authentique "réalisation" spirituelle. Quand bien même elle ne soit qu'imparfaite à ce premier stade, seule une réalisation a valeur de première marche sur l'escalier spirituel restant encore à parcourir jusqu'à sa pleine actualisation.
Mais il peut être rendu difficile de les distinguer l'une de l'autre, car toutes deux n'ont qu'une durée limitée dans le temps ; toutes deux ont dans ce sens valeur d'expérience. Une réalisation diffère d'une expérience avec laquelle elle partage la même durée pourtant limitée, parce qu'elle extrait l'esprit de la temporalité de ce monde, avant de n'y être ramenée qu'à ce qui marque son terme... Elle impose la marque d'un changement fondamental dans la façon d'appréhender toutes choses ensuite, là où une plus simple expérience ne laisse que la trace d'un souvenir moins conséquent, et de moindre valeur donc, moins ou pas vraiment utile sur le reste du chemin.
*
Certains parcours de vie pour le moins excessifs et chaotiques quand ils empruntent autant à la folie, suscitent l'émergence d'une expérience dite d'Unité ou de Transcendance. Mais cette expérience a beau émerger de la folie parfois, sa qualité spirituelle ne vaut pour autant pas d'en glorifier ce véhicule. Car outre qu’elle puisse résulter de l'extrême pureté d'intention pouvant présider à l'apparente noirceur de cette voie, et consister auquel cas en une authentique réalisation même partielle de la nature ultime de la réalité, cette expérience consistant bien alors en un authentique fruit spirituel n'a d'autre valeur que d'un potentiel lourdement freiné ou encombré dans son optimisation, par quantité d'obstacles restant encore à dépasser pour que cette spiritualité puisse se voir confirmée par la réorientation transformatrice de ses négativités restantes.
La spiritualité de cette folie restant alors retardée avant longtemps au moins, demeure source de si terribles souffrances pour tous qu’elles interdisent largement d’en glorifier la qualité néanmoins contenue.
Une fois posée la condition de plein aboutissement d’une spiritualité pour en légitimer l'appellation, et à moins de devoir en éluder la possibilité quand on en redoute tellement la transformabilité, il demeure indéniable qu’aussi difficile soit-il à optimiser à partir de cette source, un tel potentiel en contient néanmoins bien l’opportunité. Qu’un tel renforcement du pouvoir de l’esprit, déroutant quand il s'exerce sur la matière environnante ou le monde alentours, peut être amené à mieux profiter à tous s’il parvenait à être réorienté.
Qu’à l’instar du principe universel du yin et du yang stipulant que toute chose exactement ne peut jamais être que bonne ou que mauvaise, il en ira forcément de même ici…
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A l’égal de chacun en réalité, qui sommes tous dotés d’une identique possibilité de transformation spirituelle par un chemin plus formellement religieux (que cette voie n’étant elle qu’informelle de par sa non religiosité et ses autres dénis de La Forme en général), les "êtres spirituels imparfaits" comme on appelle ceux qui résultent de tels parcours de vie, sont eux aussi riches de cette opportunité.
Mais quoi qu’il puisse toutefois être tenté de relever d’une certaine avancée de leur côté, les plus prégnants obstacles qui l’accompagnent toujours alors (forcément, systématiquement ; c’est le résultat de l’informalité de cette voie) ne confinent qu’à la nullité pure et simple de ce premier avantage supposé ou apparent, au profit d’une plus réaliste et soignante Egalité d’avec tous, qui constitue bien le remède par excellence à appliquer à la démesure de l'orgueil hypertrophié ici.
C’est ce qui va être développé maintenant : l’articulation permettant d’établir cette égalité de fond souveraine entre tous, et dont toutes les négativités apparentes de cette folie ne sauraient justifier d’écarter ses fous.
La raison en est qu’une "hyper positivité" peut aussi accompagner ses tares ou défaillances : la connaissance éprouvée par soi d’un état de pleine santé fondamentale dont la plupart d'entre nous, encombrés de moindres négativités venant faire obstacle à cette suprême entreprise entre toutes, demeurent ignorants, outre le pressenti pouvant en être accordé...
Avantages ou qualités et défauts ou obstacles sont le lot de tous, différenciables que par leurs formes. Chacun ici souffre des défauts propres aux qualités dont il jouit cependant.
C’est ce qui permet de conclure à telle Egalité, dont la compréhension si ce n’est la réalisation par soi - au terme de toutes les impressions de départ progressivement délestées de leurs parts d’illusion – constitue le remède par excellence à appliquer dans ces situations ; à mieux intégrer ou habiter pleinement ensuite.
Tout est dit. Tout rajout à cela n’aura valeur que de complément d’information, de précisions à n’apporter qu’à condition qu’elles ne détournent ou n’alourdissent pas la proposition.
*
…Comme la préférence devant être accordée ici à une plus humble
réhumanisation de tels cas de
démonisation de l’esprit, qu’au plus grand risque encouru autrement d’en augmenter l’orgueil déjà si problématique, par leur prétention à sainteté… Le terme démon s’applique ici à la mal utilisation de ce premier fruit par ceux qui en héritent sans la maturité requise, et comme nul d’entre nous ne manquerions d’y céder de la même façon s’il nous échouait…
L’une des difficultés majeures rencontrées ici tient au manichéisme ou à l’amalgame grandissant de l’époque actuelle ;
à la façon duelle ou binaire dont on considère plus volontiers toutes choses de façon instinctive, avant d’y apposer la réflexion nécessaire pour convenir de notre égalité de fond effective avec chacun ;
à la différence qui sévit en chacun donc, entre la connaissance théorique qu’on a d’un sujet, et sa plus ample intégration au plus profond de nous-mêmes ;
à cette propension réductrice à laquelle confine notre "être dans le monde" donc, identifiable au "monde" lui-même et en soi.
C’est de cette vision là qui nous habite nous-mêmes avant qu’on ait plus d’occasions et d’aisance à la rencontrer chez les autres donc, qu’il convient de se réhausser en regardant par-delà; de se libérer, se préserver en s’en maintenant libre, non assujetti, en ne s'y confinant pas, en ne s'en laissant pas limiter ou enfermer… En reconnaissant les limites de "ce monde" et des perspectives offertes par la seule prise en compte de cette référence toute relative mais indéniable pour autant, respectable donc quand bien même autre "réalité" y préside comme suprême ou supérieure référence.
Cette "autre référence" tient au but même que toute Spiritualité se propose d’intégrer après l’avoir pu rencontré ou suscité ; à cet état de pleine santé fondamentale, la Normalité non dysfonctionnante (ou exempte de tout dysfonctionnement tant névrosé que psychotique) que seuls incarnent les maîtres ou les saints. Pour inspirant, cet exemple n’en demeure pas moins rarissime, si peu visible alentours qu’on a tôt fait d’y substituer la référence par défaut d’une "normalité" strictement relative, seyant au monde seulement…
Le point clef marquant la différence entre la voie imparfaitement spirituelle de la folie et la parfaite Voie des saints, recouvre la non opposabilité du Fond et de la Forme ; opposition qui fait toute l’articulation et la force de la première ; et est tout ce à quoi il conviendra de remédier par la seconde, afin de ne plus contaminer le bienfait attendu du fruit spirituel suscitable dans les deux cas, par la tentation de s’en estimer légitime pour dénigrer ou manquer du respecter dû à l’ordre établi (la Forme par le Fond).
Si au Fond plus qu’à la Forme, quelque supériorité doit bien revenir finalement, ce ne pourra être qu’au temps où toute propension à conforter sa propre existence aux dépens d’autrui aura cessé ; au dépassement de tout assujettissement aux besoins trop impérieux d’un ego toujours assoiffé de reconnaissance et autres profits personnels, plus importants à ses yeux que le bienfait de tous les autres alentours, dont le nombre désigne à contre sens l'ordre d'une priorité devant être logiquement accordée.
*
L'
Expérience elle-même, si elle est authentique
réalisation, atteste d'emblée et sans conteste du caractère "spirituel" de la voie l'ayant suscitée. Cette spiritualité se laissant ici définir à partir de son "premier fruit", est aussi reconnaissable par sa base : soit à partir de la double quête qui y préside dès l'origine, quête d'Absolu et de Vérité concernant respectivement le bonheur qu'on recherche tous plus ou moins véhémentement seulement, et l'adéquat moyen d'y accéder.
L'un et l'autre comme toute autres distinctions telle qu'entre Fond et Forme par exemple, s'interpénètrent en réalité l'un l'autre. Ils n'apparaissent de façon distincte que pour mieux préciser cette articulation, mais leur finalité tend à les révéler inséparables. L'opposabilité des contraires, à se voir résorbée dans leur plus grande complémentarité, au terme de toute voie spirituelle authentique.
LAISSE À PENSER
Pour indiquer qu'il existe une difficulté à envisager cette problématique liée aux parcours de vie psychotiques enrichis d'une expérience dite d'unité autrement que de manière manichéenne...
Extrait de "Machik Labdrön femme et dakini du Tibet" (Jérome Edou) :
Les Quatre Démons du Chöd
On traduit généralement l’expression tibétaine lha.dre par "dieux et démons", mais il vaudrait sans doute mieux le rendre par dieu-démon, ces deux termes ne formant en tibétain qu'un seul et même concept, comme dans la tradition occidentale, d’ailleurs, où le terme démon désigne un "être surnaturel, bon ou mauvais, inspirateur de la destinée d’un homme ou d’une collectivité". La tradition populaire a tendance à considérer ce qui est bénéfique et plaisant comme un dieu et ce qui est nuisible ou néfaste comme un démon. Mais Machik nous met en garde contre ce genre de superstition car la nature de ces dieux-démons est instable et aléatoire : un dieu, si plaisant ou bénéfique soit-il, peut se transformer en un démon, et ce qui semble démoniaque à première vue peut se révéler à long terme bénéfique.
Note : Ces derniers sont instables et peuvent être bénéfiques ou nuisibles selon les circonstances et le regard qu’on leur porte.
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Deux textes illustrant d'abord la négativité de ces folies soient-elles "spiritualisées" :
Extrait d’un enseignement donné par Khenpo Chöchok devant un auditoire bouddhiste, en mai 2008 au centre d'étude et de méditation Dhagpo Kagyu Ling, en Dordogne :
Dans le cadre du Mahamudra, il est question de toutes sortes d’unions, de l’union de la félicité et de la vacuité, des apparences et de la vacuité etc. Cette réalisation diffère de la vue des choses comme étant existantes ou non existantes. En effet, ces deux types de vue sont les deux extrêmes de la saisie réaliste ou nihiliste de la réalité. Le Mahasiddha Saraha a dit que saisir les choses comme réelles, c’est être aussi bête qu’une vache, et les saisir comme non existantes, c’est être encore plus bête. En effet, une vache perçoit les apparences, les formes, les odeurs, les goûts etc. Elle les saisit comme réelles mais ne va pas au-delà de cette réalité apparente. De même, les humains perçoivent habituellement, à l’instar des vaches, les phénomènes comme réels. Les saisir comme non existants, c’est encore plus stupide, même une vache ne fait pas une telle erreur. En effet, on peut percevoir les choses ; il y a des montagnes, des rivières, des maisons, des tables etc. Les nier, c’est rejeter l’évidence !
Khenpo dit que parfois, les humains sont vraiment plus stupides que des animaux. Certes, les animaux sont limités intellectuellement, mais l’intellect illimité des humains les pousse parfois à des comportements absurdes, qui engendrent des problèmes beaucoup plus importants que ceux que pourrait occasionner un animal. Par exemple, n’est-ce pas stupide de se mettre une bombe autour du cou et de se jeter sur les autres pour les tuer ? Les animaux eux-mêmes n’en sont pas capables : l’esprit animal est limité vers le haut, mais également vers le bas, alors que l’esprit humain étant illimité, peut certainement monter très haut mais aussi tomber très bas.
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Extrait de "L’Homme Bon doit avoir Trois Enfants Pour Qui il doit Prier" (Mechtilde de Magdebourg, XIIIéme siècle) :
Mon troisième enfant, ce sont les personnes spirituelles imparfaites. Quand je regarde tous mes enfants malades, je n’en vois aucun qui me fasse autant souffrir que celui-là, car, hélas, ayant tourné ses sens vers l’extérieur, s’étant plongé dans les choses passagères, il s’est tellement séparé des choses célestes qu’il a complètement perdu sa noble façon d’être et la douce familiarité avec Dieu à laquelle Dieu l’avait attiré par un choix particulier. Ils deviennent alors si faussés qu’aucune parole ne peut les convertir ; c’est ainsi qu’ils insultent l’intériorité et détournent la douceur de Dieu, et tout ce qu’ils voient et entendent, ils l’accueillent avec malveillance. Ils ont l’air sage au-dehors, mais, hélas, ne sont pourtant tous que des sots au-dedans ! Cet enfant-là a le plus de mal à guérir, car il tombe d’abord dans les querelles obstinées, puis dans l’inertie, puis dans le fausses consolations, puis dans le désespoir et finalement, hélas, dans la privation de toute grâce. Aussi est-il fort risqué de dire de quel côté se tournera l’âme égarée.
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Après avoir dûment considéré les négativités associées à ces parcours de vie spécifiques, on envisagera en troisième partie l'éventualité d'un soin "psychotico-spirituel" illustré dans ces quelques vers, et principalement développée dans mon propre argumentaire :
Citation de Machik elle-même :
La vanité envers les phénomènes ordinaires
Et la vanité envers le but ultime
Naissent de l’attachement erroné à la réalité d’un soi.
Si l’on s’attache à la réalité de cette vanité, elle devient un démon.
Si elle apparaît spontanément sans qu’on s’y attache,
Elle est alors l’ornement de Vacuité dénué d’attachement.
ABSOLU & VÉRITÉ
Sur l'articulation de cette folie il m'a été utile de m'étendre un temps... Mais jamais l'exercice ne s'est avéré satisfaisant. La première des raisons en est que rien de cette folie, puisse-t-elle avoir la nature de voie transparaissant ici, ne vaut d'être glorifié ou encouragé autant qu'une voie plus authentique pourrait le valoir.
Celle-ci n'est que demie-spiritualité propre aux démons... Productrice avant de pouvoir aspirer à les transformer, d'autant de souffrances pour tous ! Exagératrice d'un point d'injustice apparente, dont elle catalyse le prétexte, par l'énergie de la colère. Un trop entier sacrifice il en coûte de toute part d'humanité en soi, pour valoir le préjudice de tant de désordres pour tous, qui en partageons torts et résultats...
Rappelons-nous toujours et surtout, que la réhumanisation de ceux qui ont commis cette folie n'est que des plus improbables, compte tenu des trop nombreux et prégnants obstacles inhérents à ce fruit soit-disant ; à cette aussi fausse prétention de leur côté, que celle dénoncée par eux en face.
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Complémentarité des contraires
Cette folie disjoint d’abord, elle accentue le trait, extrêmise ce qui peine à s’unifier ; avant de s’en voir réordonnée elle-même mais pour un temps seulement… La tâche est rude ensuite, mais profitable à tous. Plus possible pour ceux enrichis entre temps, et plus encombrée aussi…
Non linéarité d’un exposé sur la part spirituelle de la folie. Les contraires s’opposant chez chacun se côtoient ici imparfaitement d’abord, jusqu’à mieux se compléter à terme.
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Cette double quête
- d'Absolu concernant le bonheur qu'on recherche tous plus ou moins véhémentement seulement ;
- et de Vérité comme adéquat moyen d'y accéder, dont la nécessité d'une certitude à son endroit justifiera d'en passer par chacun des extrêmes*, pour mieux pouvoir en vérifier l'exacte valeur par soi :
Ces extrêmes sont deux sens d’aimer semblant s’exclure l’un l’autre,
deux entiers modes d'être, de vouloir, d'aimer ou de penser :
- amour d'autrui seulement
- ou égoïsme radical, pur et forcené.
L’insurpassable dessein
L’adolescence est âge de tous les possibles, d’une confiance naïve et noble aussi, en l’intelligence présupposée de l’Homme, qui garantit la participation escomptée de chacun à l’extrême rentabilité de l’équation suivante :
Soit à l’effort minimum d’amour du prochain de la part de chacun,
pour que tous jouissent du bénéfice maximum d’amour universel.
Tel est le premier conditionnement : une croyance inconsciente mais prédominante en l’amour vérité,
ne s’entendant idéalistement et unilatéralement que dans l’unique sens d’amour d’autrui seulement, exclusivement, et d’où toute forme d’égoïsme contraire se trouve proscrite, absolument.
Après constat inverse d’une réalité différente, la voie est toute ouverte à partir de ce premier excès pour basculer dans l’autre sans retenue. Susciter réaction d’une Vérité s’il en est, dont on ne peut plus se satisfaire dès lors, de notre trop seule participation.
La quête spirituelle d’Absolu comme de Vérité entend obliger l’existence elle-même à valider objectivement le sens d’une vérité, dont l’existence est autrement défectueuse, la réalité insuffisante, si elle n’est trop subjectivement voulue que par soi seulement…
Ainsi va l’exigence spirituelle quand elle impose de se défaire de notre trop entière participation à ceci pour pouvoir continuer d’y croire dûment…
Ceci précisément, est quête de Vérité, incluse inséparablement de la quête d'Absolu en ce sens qu'accéder à cette vérification éprouvée au plus profond de soi-même EST, l'Absolu bonheur.
Y. Blanchard,
Février 2012